{"id":6446,"date":"2025-10-06T08:22:13","date_gmt":"2025-10-06T06:22:13","guid":{"rendered":"https:\/\/cite-anthropocene.fr\/?p=6446"},"modified":"2026-04-15T11:13:09","modified_gmt":"2026-04-15T09:13:09","slug":"seminaire-resilience-et-transitions-la-ville-festive-est-elle-inclusive","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ecole-resilience.fr\/?p=6446","title":{"rendered":"S\u00e9minaire \u00ab\u00a0R\u00e9silience et transitions\u00a0\u00bb : la ville festive est-elle inclusive ?"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u201c<em>Dans la f\u00eate, on pense pouvoir rencontrer les autres, mais on ne rencontre souvent que les n\u00f4tres.<\/em>\u201d<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Citant l\u2019invit\u00e9 Jean-Michel Deleuil, c\u2019est par ces mots que Lou Herrmann a introduit une journ\u00e9e de s\u00e9minaire centr\u00e9e sur les enjeux de la ville festive. Centrales pour sortir du d\u00e9sespoir face aux bouleversements globaux de notre \u00e9poque, la joie et la f\u00eate sont peut-\u00eatre les cl\u00e9s nous permettant de nous tourner vers l\u2019action.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la f\u00eate n\u2019est pas un acquis, et son inclusivit\u00e9 est \u00e0 questionner : g\u00e9n\u00e8re-t-elle une rencontre universelle ou bien une reproduction des discriminations soci\u00e9tales ? Dans le cadre des <a href=\"https:\/\/entretiensjacquescartier.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Entretiens Jacques Cartier<\/a>, permettant un dialogue franco-qu\u00e9b\u00e9cois ainsi qu\u2019un partage des exp\u00e9riences, Cit\u00e9 anthropoc\u00e8ne a d\u00e9but\u00e9 la saison z\u00e9ro de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/category\/ecole-de-la-resilience\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/cite-anthropocene.fr\/category\/ecole-de-la-resilience\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00c9cole de la r\u00e9silience<\/a> par l\u2019organisation d\u2019un s\u00e9minaire d\u00e9di\u00e9 \u00e0 ces probl\u00e9matiques, en partenariat avec la <a href=\"https:\/\/www.lyon.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Ville de Lyon<\/a> et l\u2019<a href=\"https:\/\/www.umontreal.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Universit\u00e9 de Montr\u00e9al<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Parce qu\u2019il n\u2019y a rien de mieux que la pratique pour aborder un sujet, cette journ\u00e9e s\u2019est cl\u00f4tur\u00e9e par un DJ Set de l\u2019artiste <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/camvigg\/?hl=fr\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">K1000<\/a>, permettant \u00e0 tous\u00b7tes de vivre la f\u00eate dans un amphith\u00e9\u00e2tre de l\u2019<a href=\"https:\/\/www.ensba-lyon.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00c9cole nationale sup\u00e9rieure des Beaux-Arts<\/a>. Invitation \u00e0 imaginer un tel divertissement autrement, cette exp\u00e9rience s\u2019inscrit parfaitement dans la r\u00e9flexion lanc\u00e9e tout au cours du s\u00e9minaire, permettant de le conclure sur une note pr\u00e9cis\u00e9ment festive.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Matin\u00e9e : Quels processus d\u2019exclusion spatiale et sociale sont activ\u00e9s lors des \u00e9v\u00e9nements festifs urbains ?<\/h2>\n\n\n\n<p>La conf\u00e9rence matinale a d\u00e9but\u00e9 par une pr\u00e9sentation de Jean-Michel Deleuil. Professeur \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.insa-lyon.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">INSA de Lyon<\/a> travaillant sur les politiques urbaines nocturnes, il s\u2019est appuy\u00e9 sur des \u0153uvres cin\u00e9matographiques pour illustrer son propos, lequel d\u00e9bute par un postulat fort : la ville festive n\u2019est pas inclusive, parce que la ville n\u2019est pas inclusive de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale. Au travers des films mis en avant par sa conf\u00e9rence (<em>Sirat <\/em>de \u00d3liver Laxe, <em>SuperGrave <\/em>de Greg Mottola ou encore <em>La Haine <\/em>de Mathieu Kassovitz pour ne citer qu\u2019eux*), Jean-Michel Deleuil dresse le portrait d\u2019une ville festive tant\u00f4t solidaire, tant\u00f4t subversive, mais dont la trame de fond demeure similaire : la f\u00eate est un entre-soi, donc source d\u2019exclusion.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8577-1024x682.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6488\" srcset=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8577-1024x682.png 1024w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8577-300x200.png 300w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8577-768x512.png 768w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8577.png 1241w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Lou Herrmann et Jean-Michel Deleuil<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ensuite, Sonia Blank, doctorante \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.mcgill.ca\/fr\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Universit\u00e9 McGill<\/a>, a pris la parole afin de pr\u00e9senter ses th\u00e9matiques de recherches. Celles-ci sont ax\u00e9es autour des processus d\u2019exclusion \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre lors des grands \u00e9v\u00e9nements festifs urbains, en particulier \u00e0 Montr\u00e9al, reconnue comme ville de f\u00eates en Am\u00e9rique du Nord. \u00c9voquant notamment la transformation du Faubourg Saint-Honor\u00e9 en quartier des spectacles, elle d\u00e9crit l\u2019exclusion de communaut\u00e9s pr\u00e9sentes historiquement dans un quartier devenu essentiellement espace de consommation. Marginalis\u00e9es, ces populations se trouvent menac\u00e9es du fait de la rar\u00e9faction de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des espaces de survie, ainsi que de la g\u00e9n\u00e9ralisation du design hostile.<\/p>\n\n\n\n<p>La ville, b\u00e2tie sur un syst\u00e8me de \u201c<em>journ\u00e9e perp\u00e9tuelle<\/em>\u201d, oublie celleux qui habitent la nuit, en particulier concernant le froid : si les \u00e9v\u00e9nements festifs permettent une ouverture des rames de m\u00e9tro 24h\/24h, ces derni\u00e8res demeurent closes les nuits d\u2019hiver, durant lesquelles la temp\u00e9rature peut descendre en-dessous de -30\u00b0C. De m\u00eame, une obligation de circuler dans les stations de m\u00e9tro prive de sommeil les personnes sans-abris. Sonia Blank termine sa conf\u00e9rence par des propositions en faveur d\u2019une ville plus juste et solidaire, \u201c<em>o\u00f9 la diff\u00e9rence est reconnue comme une richesse plut\u00f4t que comme une menace<\/em>\u201d. Il s\u2019agit de d\u00e9coloniser la f\u00eate et la nuit (et donc de repenser le rapport entre occupant\u00b7es et occup\u00e9\u00b7es), de mobiliser l&rsquo;expertise en design au profit d\u2019espaces de soins nocturnes, de prot\u00e9ger la diversit\u00e9 de la ville nocturne et d\u2019en am\u00e9liorer la gouvernance.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u201cPeut-\u00eatre que prot\u00e9ger la ville nocturne, c\u2019est aussi accepter qu\u2019elle reste particuli\u00e8rement ind\u00e9finissable.\u201d<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8601-1024x682.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6489\" srcset=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8601-1024x682.png 1024w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8601-300x200.png 300w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8601-768x512.png 768w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8601.png 1241w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Sonia Blank<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Trois invit\u00e9\u00b7es ont \u00e9t\u00e9 ensuite convi\u00e9\u00b7es \u00e0 la table des \u00e9changes : Louna Lattanzi, responsable de la commission Sorci\u00e8res au sein de l\u2019association <a href=\"https:\/\/www.karnaval.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Karnaval Solidaire<\/a> ; Florie Bresteaux, g\u00e9ographe doctorante \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.unige.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve<\/a>, qui travaille notamment sur la question de l\u2019inclusion des personnes en situation de handicap dans l\u2019organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ; Julien Pavillard, Directeur des \u00c9v\u00e8nements \u00e0 la Ville de Lyon et coordinateur g\u00e9n\u00e9ral de la <a href=\"https:\/\/www.fetedeslumieres.lyon.fr\/fr\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">F\u00eate des Lumi\u00e8res<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La question de l\u2019inclusion est un d\u00e9fi de taille pour les organisateur\u00b7ices d\u2019\u00e9v\u00e9nements festifs, mais il est important de ne pas la consid\u00e9rer simplement comme une \u201ccase \u00e0 cocher\u201d dans la pr\u00e9paration des festivit\u00e9s. \u00c0 ce propos, Florie Bresteaux observe que cet enjeu est souvent abord\u00e9 uniquement en termes d\u2019accessibilit\u00e9, mais elle en souligne qu\u2019\u201c<em>en prenant le pari de l\u2019accessibilit\u00e9, on oublie celui de la participation<\/em>\u201d. En d\u2019autres termes, l\u2019accessibilit\u00e9, parfois consid\u00e9r\u00e9e d\u2019un point de vue strictement marketing, rend invisible l\u2019enjeu de la participation r\u00e9elle des personnes concern\u00e9es. Les \u00e9v\u00e9nements accessibles mais \u00e0 participation in\u00e9gale ne sont en effet pas rares, notamment du fait de la cat\u00e9gorisation simplificatrice des personnes en situation de handicap. Se profile alors fr\u00e9quemment une figure du \u201cbon handicap\u201d, celui du fauteuil roulant sur lequel se trouve une personne autonome. Au-del\u00e0 de cette cat\u00e9gorie (qui ne repr\u00e9sente que 10% des personnes en situation de handicap), l\u2019inclusion est en r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s marginale.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre question a \u00e9merg\u00e9 : celle du vieillissement de la population. Ou comment permettre un droit \u00e0 la f\u00eate aux personnes \u00e2g\u00e9es dans un monde vieillissant, alors que la f\u00eate est souvent r\u00e9serv\u00e9e aux personnes valides, jeunes et qui se conforment aux normes socialement acceptables du divertissement ?<\/p>\n\n\n\n<p>Plus largement, il s\u2019est aussi agit de penser ce que la f\u00eate fait \u00e0 la ville. C\u2019est notamment la question de la fronti\u00e8re entre s\u00e9curit\u00e9 et s\u00e9curitaire qui s\u2019est pos\u00e9e, laquelle est parfois fine. Le risque de glissement de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9, avec derri\u00e8re l\u2019\u00e9cueil de la d\u00e9signation d\u2019ind\u00e9sirables dans la f\u00eate, et donc de production d\u2019exclusion<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8629-edited.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6496\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">De gauche \u00e0 droite : Louna Lattanzi, Florie Bresteaux et Julien Pavillard<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Apr\u00e8s-midi : Comment faire de la ville festive une ville inclusive ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Le s\u00e9minaire s\u2019est poursuivi d\u00e8s 14h avec une apr\u00e8s-midi consacr\u00e9e \u00e0 la prospection de villes festives inclusives. Une premi\u00e8re mini-conf\u00e9rence, pr\u00e9sent\u00e9e par Jean-Pierre Chupin, professeur d\u2019architecture \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, s\u2019est d\u2019abord attach\u00e9e \u00e0 d\u00e9finir les probl\u00e9matiques de l\u2019architecture sous l\u2019angle de la notion d\u2019inclusion. R\u00e9fl\u00e9chir sur l\u2019inclusion revient intrins\u00e8quement \u00e0 travailler sur un constat d\u2019\u00e9chec, \u00e0 la fois politique, technique et p\u00e9dagogique : devoir penser l\u2019inclusion, c\u2019est admettre que celle-ci n\u2019est pas atteinte, auquel cas la question ne se poserait pas. Les chiffres sont frappants : \u00e0 Montr\u00e9al, 25% de la population ne peut pas acc\u00e9der correctement \u00e0 75% de l\u2019espace public. Le constat \u00e9tant pos\u00e9, Jean-Pierre Chupin appelle \u00e0 revoir les th\u00e9ories architecturales de la qualit\u00e9, les fa\u00e7ons dont sont pens\u00e9s les prix d\u2019excellence, ainsi que les mani\u00e8res de produire des connaissances par la recherche.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, les repr\u00e9sentations dominantes de la qualit\u00e9 en architecture excluent 25% de la population, et les prix d\u2019excellence participent \u00e0 cette exclusion, en r\u00e9compensant historiquement des architectes se pliant \u00e0 la vision traditionnelle de la qualit\u00e9 (jamais clairement d\u00e9finie, mais comprenant g\u00e9n\u00e9ralement beaut\u00e9, fonctionnalit\u00e9 et solidit\u00e9). N\u00e9anmoins, certains prix apparaissent ces derni\u00e8res ann\u00e9es, critiques de la conception classique de la qualit\u00e9, en venant r\u00e9compenser l\u2019inclusion, l\u2019\u00e9quit\u00e9 et la diversit\u00e9. Afin de d\u00e9passer les approches limit\u00e9es de la qualit\u00e9, il invite \u00e0 recourir de mani\u00e8re syst\u00e9matique \u00e0 des tables partenariales, multidisciplinaires, fonctionnant dans une d\u00e9marche ascendante afin de r\u00e9fl\u00e9chir aux projets architecturaux. En conclusion, Jean-Pierre Chupin propose trois types d\u2019actions nationales afin de r\u00e9soudre la crise de la qualit\u00e9 : une r\u00e9forme des cadres \u00e9ducatifs ; un recours g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 aux \u00e9valuations post-occupation ; la g\u00e9n\u00e9ralisation de la collecte des exp\u00e9riences v\u00e9cues. Des principes d\u2019ambition normative, de volont\u00e9 d\u2019inclusion et de compr\u00e9hension des besoins particuliers doivent d\u00e8s lors interagir afin de rendre la ville, notamment la ville festive, plus inclusive.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Principe autochtone : \u201cRien sur nous, sans nous\u201d<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8790-1024x682.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6493\" srcset=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8790-1024x682.png 1024w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8790-300x200.png 300w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8790-768x512.png 768w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8790.png 1241w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jean-Pierre Chupin<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>St\u00e9phanie Claudin et Xavier Ph\u00e9lut, chef\u00b7fes du projet du D\u00e9fil\u00e9 de la <a href=\"https:\/\/www.labiennaledelyon.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Biennale de la Danse<\/a>, ont par la suite retrac\u00e9 l\u2019histoire du D\u00e9fil\u00e9. Iels nous apprennent que celui-ci a eu lieu pour la premi\u00e8re fois lors de la Biennale de 1996, dont la f\u00eate d\u2019ouverture a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e au Br\u00e9sil. Guy Darmet, directeur de l\u2019\u00e9poque s\u2019est inspir\u00e9 du mod\u00e8le des \u00e9coles de samba, lieux de brassage social important. \u00c0 une p\u00e9riode o\u00f9 l\u2019inclusion n\u2019\u00e9tait pas encore un terme <em>mainstream<\/em>, il a souhait\u00e9 inviter les habitant\u00b7es des p\u00e9riph\u00e9ries dans la ville-centre, afin qu\u2019iels montrent ce qu\u2019iels avaient appris au contact d\u2019\u00e9quipes artistiques et de chor\u00e9graphes. Pr\u00e9figurant le volet culturel de la politique de la ville, le D\u00e9fil\u00e9 a pu b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un programme \u201cProjets culturels de quartier\u201d pour faire se rencontrer artistes et habitant\u00b7es. La forme de la parade a tellement f\u00e9d\u00e9r\u00e9, avec 2500 participant\u00b7es et plus de 200 000 spectateur\u00b7ices, qu\u2019elle est devenue un rituel d\u2019agglom\u00e9ration. Le D\u00e9fil\u00e9 de la biennale est constitu\u00e9 de citoyen\u00b7nes qui s\u2019engagent dans le projet, avec une diversit\u00e9 de partenaires, garante d\u2019une diversit\u00e9 de publics, transg\u00e9n\u00e9rationnels. V\u00e9ritable parenth\u00e8se dans la vie des habitant\u00b7es de la m\u00e9tropole, le D\u00e9fil\u00e9 permet une interaction entre personnes qui ne se connaissent pas et pourtant vivent ensemble, vrai exemple d\u2019inclusion sociale et g\u00e9n\u00e9rationnelle. De m\u00eame cette ann\u00e9e, le spectacle central Place Bellecour, en cl\u00f4ture de la c\u00e9r\u00e9monie d\u2019ouverture, a permis une r\u00e9elle participation non seulement des danseur\u00b7euses du D\u00e9fil\u00e9 mais \u00e9galement du public, afin de \u201c<em>faire entrer tout le monde dans la danse, et donner \u00e0 tous\u00b7tes l\u2019occasion de danser<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"755\" src=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8749-1024x755.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6492\" srcset=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8749-1024x755.png 1024w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8749-300x221.png 300w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8749-768x567.png 768w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8749.png 1121w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Xavier Ph\u00e9lut et St\u00e9phanie Claudin<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Trois invit\u00e9\u00b7es ont ensuite rejoint la discussion : Antoine Trollat, architecte cofondateur de l\u2019agence <a href=\"https:\/\/www.lookingforarchitecture.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Looking for Architecture (LFA)<\/a> ; Pascale Bonniel Chalier, professeure \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.univ-lyon2.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Universit\u00e9 Lyon 2 <\/a>; Laur\u00e8ne Smith, assistante de recherche \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. L\u2019\u00e9change a permis de mettre en lumi\u00e8re un point important dans cette perspective d\u2019une ville festive inclusive : la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une prise en compte des exp\u00e9riences individuelles et des perceptions des personnes concern\u00e9es.<br>L\u2019agence LFA s\u2019est charg\u00e9e pendant plus de vingt ans de la mise en espace du festival de musique \u00e9lectronique <a href=\"https:\/\/nuits-sonores.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Nuits Sonores<\/a> \u00e0 Lyon. Fort de cette exp\u00e9rience, Antoine Trollat t\u00e9moigne de l\u2019opportunit\u00e9 que repr\u00e9sente pour les architectes l\u2019inclusion des usager\u00b7\u00e8res dans le processus de conception. Il explique ainsi comment la prise en compte de l\u2019expertise d\u2019usage d\u2019une personne malentendante a r\u00e9orient\u00e9 le travail de r\u00e9novation d\u2019un b\u00e2timent en vue de l\u2019accueil du festival de musique. Nuits Sonores a ainsi pu mieux appr\u00e9hender les perceptions sensorielles des sons graves, notamment par leurs vibrations contre certains mat\u00e9riaux. Cette d\u00e9marche de co-conception permet de d\u00e9passer une vision strictement normative de l\u2019inclusion et de l\u2019accessibilit\u00e9 dans l\u2019architecture.<\/p>\n\n\n\n<p>Pascale Bonniel-Charlier \u00e9largit \u00e9galement la question de l\u2019inclusion aux autres vivants, dans un objectif de d\u00e9colonisation du regard non-seulement vis-\u00e0-vis des autochtones comme cela a pu \u00eatre pr\u00e9c\u00e9demment expos\u00e9, mais \u00e9galement \u00e0 propos de l\u2019impact de la ville festive sur le territoire et sur les esp\u00e8ces. Ainsi, se r\u00e9inscrire au sein du vivant, en tant qu\u2019humain\u00b7es, est un pas en avant afin d\u2019\u00eatre moins destructeur\u00b7ices dans notre mani\u00e8re de faire la f\u00eate. Plus largement, elle invite \u00e0 d\u00e9passer la notion d\u2019inclusion pour parler de celle d\u2019habitabilit\u00e9, permettant d\u2019\u00eatre en accord avec les limites plan\u00e9taires. Elle d\u00e9finit l&rsquo;habitabilit\u00e9 comme une condition prenant en compte les attachements des \u00eatres vivants et les interconnexions entre eux, au-del\u00e0 donc des conditions g\u00e9ophysiques d\u2019accessibilit\u00e9 notamment.<\/p>\n\n\n\n<p>Laur\u00e8ne Smith, dans sa volont\u00e9 de cr\u00e9er un guide de conseil pour des festivals inclusifs et accessibles, pointe certaines contradictions. Premi\u00e8rement, le festival est un lieu th\u00e9oriquement ouvert (\u00e0 tous\u00b7tes), mais mat\u00e9riellement excluant (\u00e0 celleux qui ne respectent pas les normes de socialisation dominantes). De m\u00eame, alors que nous recherchons \u00e0 rendre la ville festive, elle indique que le festival demeure un aspect \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de nos vies. Mais, selon elle, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment sa force : son \u00e9ph\u00e9m\u00e9rit\u00e9 en fait un terrain de recherche par excellence, permettant de tester de nouvelles formes d\u2019inclusion, plus cr\u00e9atives, et ainsi de s\u2019am\u00e9liorer d\u2019ann\u00e9es en ann\u00e9es. Il faut d\u00e8s lors consid\u00e9rer le festival comme l\u2019exp\u00e9rience temporaire de ce que pourrait \u00eatre une ville inclusive.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8732-edited.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6497\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">De gauche \u00e0 droite: Pascale Bonniel-Charlier, Louna Lattanzi et Antoine Trollat<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Faire la f\u00eate oui, proposer de nouvelles prospectives oui, mais en ne perdant jamais de vue que les exp\u00e9riences empiriques des personnes concern\u00e9es sont les cl\u00e9s de vo\u00fbte pour des f\u00eates urbaines inclusives. Au-del\u00e0 des normes, c\u2019est bien la cr\u00e9ativit\u00e9, appos\u00e9e au v\u00e9cu des personnes, qui permettra de r\u00e9duire au maximum la s\u00e9gr\u00e9gation souvent induite par les \u00e9v\u00e9nements festifs en ville.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Un s\u00e9minaire \u00e0 retrouver sur <a href=\"https:\/\/youtu.be\/5RyX3qvbZ9k\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">notre cha\u00eene YouTube<\/a>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"998\" height=\"770\" src=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8856.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6494\" srcset=\"https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8856.png 998w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8856-300x231.png 300w, https:\/\/ecole-resilience.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DSC_8856-768x593.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 998px) 100vw, 998px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Pour aller plus loin : la filmographie festive propos\u00e9e par Jean Michel Deleuil :<\/p>\n\n\n\n<p><em>Sirat<\/em>, \u00d3liver Laxe, 2025<br><em>Jour de f\u00eate<\/em>, Jacques Tati, 1949<br><em>SuperGrave<\/em>, Greg Mottola, 2007<br><em>After hours<\/em>, Martin Scorsese, 1985<br><em>Trois nuits par semaine<\/em>, Florent Gou\u00eblou, 2022<br><em>Eyes wide shut<\/em>, Stanley Kubrick, 1999<br><em>Carrie<\/em>, Brian de Palma, 1976<br><em>Dupont Lajoie<\/em>, Yves Boisset, 1975<br><em>La Haine<\/em>, Mathieu Kassovitz, 1995<br><em>Les chats persans<\/em>, Bahman Ghobadi, 2009<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cDans la f\u00eate, on pense pouvoir rencontrer les autres, mais on ne rencontre souvent que les n\u00f4tres.\u201d Citant l\u2019invit\u00e9 Jean-Michel Deleuil, c\u2019est par ces mots que Lou Herrmann a introduit une journ\u00e9e de s\u00e9minaire centr\u00e9e sur les enjeux de la ville festive. Centrales pour sortir du d\u00e9sespoir face aux bouleversements globaux de notre \u00e9poque, la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6495,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[50,48,51,36,62,71,64,40,42,66,67,72],"tags":[59,60,61,63,65,68,69,70],"class_list":["post-6446","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archi-design-urba","category-cultures","category-droits-dans-anthropocene","category-ecole-de-la-resilience","category-hero","category-journal","category-looking-for-architecture","category-mobilisation-des-societes","category-nouvelles-urbanite","category-photographie","category-politique","category-saison-zero","tag-design","tag-festival","tag-fete","tag-inclusion","tag-participation","tag-prospective","tag-urbain","tag-ville"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ecole-resilience.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6446","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ecole-resilience.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ecole-resilience.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ecole-resilience.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ecole-resilience.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6446"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/ecole-resilience.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6446\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6738,"href":"https:\/\/ecole-resilience.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6446\/revisions\/6738"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ecole-resilience.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6495"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ecole-resilience.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6446"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ecole-resilience.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6446"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ecole-resilience.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6446"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}