Zone des possibles

Cinq jours pour réenchanter les zones d’activités. C’est le défi que l’École de la résilience s’est lancé, du 17 au 21 novembre 2025.

Une semaine de novembre 2025 pour réenchanter les zones d’activités. Un workshop de l’École de la résilience, qui a mobilisé 80 étudiants aux profils divers — design, écologie, urbanisme, géographie, aménagement — afin de bousculer les imaginaires des zones d’activités. À partir de la zone industrielle Mi-Plaine dans l’Est-Lyonnais, une semaine intensive d’arpentage et d’études de terrain, de réflexions et de création qui a fait la démonstration de la richesse du travail transdisciplinaire.

Les Zones d’activités : des imaginaires sclérosés

Espaces réservés aux activités économiques — industrielles ou commerciales — « les ZAE connaissent leur essor dans les années 1950. Nées sous la forme de zones industrielles, elles se diversifient plus tard avec l’apparition des zones commerciales, des plateformes logistiques et autres parcs technologiques » (Chateau, 2019). Strictement pensées pour l’activité économique, elles sont les héritières des Trente Glorieuses, dont les corollaires sont la massification de l’usage de la mobilité individuelle et l’étalement urbain. La France compte plus de 30 000 ZAE, soit plus du quart des surfaces artificialisées, qui demeurent inadaptées à la stratégie de lutte contre l’artificialisation des
terres. Noyaux durs de l’économie, elles concentrent environ la moitié de l’emploi privé en France. Elles ont de fait un impact sur l’entièreté de nos modes de vie : nos consommations, nos emplois, nos déplacements, notre aménagement du territoire. Dès lors, dans un contexte de crise écologique, comment penser le futur de territoires entièrement conçus pour des activités mono-orientées ?

Les Zones d’activités à l’échelle locale : Mi-Plaine

Seconde zone d’activités de la métropole lyonnaise, elle s’étend sur trois communes — Chassieu, Genas, Saint-Priest — et constitue, avec 7 000 emplois, l’un des grands pôles d’emploi de l’agglomération. Dynamique, plurielle et toujours attractive, elle se heurte aujourd’hui à l’absence de foncier disponible et aux multiples obsolescences de son modèle urbain : incapable d’affronte les aléas climatiques (bâtis inadaptés, sols artificialisés et absence de végétation) ; inscrite dans une dynamique extensive qui se frotte aux limites de la ville ; fondée sur des modes de vie et de gros objets (aéroport d’affaire, centre des congrès, campus, etc.) dont l’avenir est incertain. Serait-elle la friche urbaine de demain ?

Repenser les ZAE : la nécessité de débloquer les imaginaires

Méconnues, perçues comme inhospitalières, les ZAE sont souvent envisagées comme des « zones » — dans une perspective réglementaire et gestionnaire — ou au mieux comme des « objets » urbains (Lejoux et Charieau, 2019). Elles sont rarement pensées comme des lieux complexes, vécus, supports d’appropriations singulières, chargés de significations fortes, traversés par des interactions sociales diverses et sujets de mises en discours spécifiques. Au contraire, elles se présentent plutôt comme des « non-lieux » (Augé, 1992) uniformisés et interchangeables, produits par des flux économiques mondialisés et fruits d’un rapport de consommation à l’espace. Il a été proposé aux étudiants de renverser le regard sur ces espaces, de les saisir au-delà de leur dimension strictement fonctionnelle et de les approcher par leur capacité à faire histoire. À rebours des imaginaires bétonnés et fermés, quels contre-récits désirables socialement et écologiquement pourraient être projetés ? Travailler sur les imaginaires implique de réfléchir à une reconfiguration de notre manière de faire société, à une remise à plat des systèmes à l’œuvre.

L’interformation : la transdisciplinarité au service de la pensée des objets complexes

Pour Edgar Morin, « l’institution disciplinaire entraîne à la fois un risque d’hyperspécialisation du chercheur et un risque de « chosification » de l’objet étudié dont on risque d’oublier qu’il est extrait ou construit. L’objet de la discipline sera alors perçu comme une chose en soi ; les liaisons et solidarités de cet objet avec d’autres objets, traités par d’autres disciplines, seront négligées ainsi que les liaisons et solidarités avec l’univers dont l’objet fait partie » (1994).

La transdisciplinarité est une alliée dans le projet de compréhension et de pensée des objets complexes que sont les ZAE. Complexes car elles entremêlent espace, droit, social, écologie, économie et imaginaires. Ainsi, Zone des possibles déploie le format de l’atelier interformation pour construire une transdisciplinarité radicale en mettant collectivement au travail des étudiants issus de disciplines très diverses.

Un croisement des disciplines pour des perspectives innovantes

Le choix des formations a été motivé par la volonté de toujours faire dialoguer arts, sciences sociales et sciences expérimentales. Quatre formations ont ainsi été conviées au workshop :

Le master Urbanisme et Aménagement — Institut d’urbanisme de Lyon (Université Lumière Lyon 2).

L’attention de ces étudiants aux enjeux environnementaux et sociaux, leur connaissance des outils réglementaires du droit des sols sont indispensables pour imaginer le futur de ce territoire.

Le master Aménagement et développement durable des territoires (ADDT) — Département ASTRE (Université Lyon 3).

Ces étudiants apportent une vision des enjeux à l’échelle des collectivités territoriales, tels que le foncier, l’habitat ou la gestion des déchets.

Le master Écologie de l’anthropocène (Université Lyon 1).

Leur connaissance des milieux et des interactions qui s’y produisent, permettent à ces étudiants de situer des problèmes et d’imaginer des solutions visant à impacter au minimum la biodiversité, voire à la restaurer.

L’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon.

Ces étudiants apportent un point de vue sensible indispensable au projet par leur aptitude de projection par le dessin ou d’autres formes d’expression artistique.

En travaillant ensemble, ils bénéficient d’une vision globale des enjeux socioécologiques. Et cela contribue tout autant au projet « Zone des possibles », qu’à leurs propres parcours universitaires. Profiter d’une formation nourrie par la rencontre d’autres milieux disciplinaires témoigne d’une ouverture d’esprit et d’une capacité d’analyse fine des différentes problématiques du monde contemporain. Ce workshop reflète une double ambition de l’École de la résilience : impulser des initiatives à la croisée des disciplines, et permettre aux étudiants concernés de bénéficier d’une formation qui ouvre leurs perspectives vers d’autres champs d’études et ainsi d’autres manières de regarder le monde.

Déroulé du workshop

Il a débuté par des contributions des différents partenaires du projet. Ces présentations plurielles ont permis d’alimenter les connaissances des étudiants et de préparer leurs réflexions. Que cela soit par un examen de nouveaux modèles économiques, un retour historique sur les zones d’activités, une description de la démarche de prospective engagée par la Métropole de Lyon ou bien les différentes manières qu’ont les artistes de se saisir de ces espaces et de penser le futur, ce temps introductif a permis d’établir une culture commune et un langage en partage, conditions indispensables à la transdisciplinarité.

Huit groupes pluridisciplinaires ont ensuite été constitués : ils ont arpenté le terrain d’enquête pour ancrer les imaginaires dans la réalité ; des points d’étape réguliers dont un atelier d’écriture, ont permis à chacun de s’exercer à la construction de récits, d’hypothèses et d’exploration de futurs alternatifs. Les dynamiques créées par le décloisonnement intellectuel ont fait émerger l’émulation nécessaire à la production de nouveaux récits.

Que nous raconte « Zone des possibles » sur les ZAE ?

Les huit groupes/récits partagent certaines constantes :

Le déclin. L’ensemble des projets adhèrent à l’hypothèse de l’obsolescence : les fondements économiques, urbanistiques et sociaux des ZAE — en tant que zones dévolues à l’économie de marché et à la grande distribution, construites sur un modèle de développement expansif et fonctionnaliste — ne résisteront pas à l’avenir. Ce qui précipite la chute prend différentes formes : la transformation du travail préside à la déchéance puis au renouveau de Mi-Plaine (Vestiges de la France moche, BronZAD, Strates) ; la crise du transport motorisé transforme Mi-Plaine en marge métropolitaine inaccessible mais libérée pour l’émergence d’alternatives (Mi-Plaine commune libre, Sainte Prairie) ; la catastrophe écologique — incendie, canicule, inondation — est le point de bascule du territoire (zone économique des possibles, zone péri-humaine, Ecoplaine).

Des imaginaires de la réconciliation avec le vivant. Les liens des sociétés humaines avec les vivants non-humains sont reconfigurés. La revalorisation territoriale repose souvent sur cette nouvelle intelligence du milieu. Les alternatives dessinées pensent enfin l’habitabilité de Mi-Plaine à rebours du fonctionnalisme qui a conduit à sa planification. Pour faire de cette zone un lieu véritable, est imaginée au contraire une perméabilité des usages dans l’espace et parfois même dans le temps. L’habitabilité sera une co-habitation.

Mais également des trajectoires distinctes selon les groupes :

La réforme des cadres de l’aménagement. Certaines histoires s’inscrivent dans le grand récit de la transition (Sainte Prairie, Strates, Eco plaine). Elles imaginent des futurs possibles grâce à l’activation d’un urbanisme réinventé au prisme d’exigences écologiques et sociales fortes. Les valeurs et les critères de l’action sont repensés sans pour autant renoncer à l’idée de planifier l’aménagement du territoire. Les scénarios de la révolution. D’autres (Mi-Plaine commune libre, BronZAD), affirment la nécessité de la rupture. Les futurs désirables s’ancrent dans une radicalité — notamment politique — affirmée, empruntant largement aux imaginaires de la ZAD : sécession, mise en commun, proximité, alternative.

Vivre avec le trouble. Une autre forme de distance, plus discrète mais non moins catégorique, à l’imaginaire du plan, s’esquisse dans certains récits (Zone péri-humaine, Zone économique des possibles). Ces derniers abandonnent l’idée d’un aménagement intégré, contrôlé. Ils renoncent à définir un horizon désirable préconçu. Ils décrivent des futurs faits d’une addition non programmée de petites initiatives. L’avenir est incertain ; il sera donc incrémental. Et c’est peut-être là que se nichera la plus grande créativité.

La fin de l’histoire. Le récit le plus radical qui nous est raconté n’est finalement pas celui de la zadification de Mi-Plaine, mais plutôt celui de sa patrimonialisation (Vestige de la France moche). Un groupe refuse d’imaginer un futur pour cet espace, et propose d’arrêter son présent, de le mettre sous cloche, comme une réserve absurde du XXe siècle. Plus rien n’est possible là où le temps s’arrête.

Vestiges de la France moche
Sarah Ait Omar, Nathan Brouillaud, Julien Astic, Agathe Barraud, Alexa Marie-Joseph, Loan Abassetti, Lola Large, Math Botrel Françoise, Olga Valette.

Le premier groupe nous projette en 2050, une époque où le télétravail et la mécanisation ont conduit à la disparition des zones d’activités telles qu’on les connaît aujourd’hui. Mais pour garder trace de ces espaces si particuliers, propres au tournant de notre siècle, les étudiant·es imaginent qu’une de ces zones a été sauvegardée et patrimonialisée. Elle est devenue un musée à taille humaine : une immersion grandeur nature dans ce qu’était le début du XXIe siècle, dans lequel on peut déambuler et se souvenir de ce patrimoine disparu.

Sainte-Prairie, au fil de l’eau
Galéane Brognara, Melvin Carrau, Basile Basset, Marie Horbatiuk, Rose Di Marco, Axel Caudet, Brune Cangardel, Théopaul Chaboud

Dans un monde où les catastrophes climatiques s’enchaînent, les zones d’activités ne trouvent plus d’utilité depuis bien longtemps. Pensées pour le tout voiture et adossées à des formes de travail et de production obsolètes, elles sont délaissées. À tel point que la nature y reprend ses droits et que ces espaces deviennent des corridors écologiques.
Les étudiant·es nous projettent dans un monde où les habitant·es des villes surchauffées ont fini par réinvestir les zones d’activités, non pas pour produire mais pour y vivre. Une fuite des ville-centres vers des zones construites mais où la nature envahissante permet de trouver calme et fraîcheur.

Zone péri-humaine
Aurélien Berthomier, Eva Durix, Sarah Bobin, Coraline Crannell, Tony Guinot, Abdoulaye Diop, Zhen-Yu Liao, Uli Arcile-Coriou, Siwoo Jeong

Depuis 2025 la Métropole concentre ses efforts sur la ZAE Mi-Plaine pour
la rendre plus vivable et accessible. Un effort important est fait sur la végétalisation (arbres, places arborées) et le développement de l’offre de transports. 25 ans plus tard, ces aménagements n’ont eu qu’un succès mitigé. Le contexte économique a vidé partiellement la zone de son activité et la place nouvellement disponible a été investie par des usager·ères différent·es. Ces dernier·ères ont dû s’adapter au nouveau microclimat de la zone : de mai à septembre la chaleur est intenable en journée ; de février à avril se forme un lac éphémère de plus d’un hectare alimenté par des pluies intenses. Dans cet environnement où la végétation galopante engendre obscurité, abris, refuges, s’est déve-
loppée une vie nocturne (parfois illicite) et ses commerces : bars, cafés, boîtes, clubs libertins, etc. Ce récit nous plonge dans un monde où les bonnes intentions pour réhabiliter la zone ont produit des effets pervers, et dans lequel les habitant·es de la zone doivent cohabiter avec ces « indésirables ».

Strates
Suzanne Busquet Losserand, Nicolas Truchon, Margaux Huré, Loïc Leger Esperandieu, Nour Gara, Andres Hincapie, Joris Laprade, Sacha Le Boulanger, Xiaotong Lin

Suite à une technologisation massive des modes de vie, engendrée par la
généralisation de l’IA et facilitée par les politiques autoritaires en place, les populations désoeuvrées se rebellent et élisent un mouvement décroissantiste. Ce mouvement de révolte est parti des ZAE, lieux symboliques de cette déshumanisation du travail. Abandonnées, elles offrent un espace refuge pour les militant·es.

En 2050, dans un pays progressiste, Mi-plaine est devenue l’emblème d’une liberté retrouvée. Ce récit nous propose une lecture de l’histoire en évolution par strates. À travers la superposition de niveaux de sensibilité (de calques), chaque étudiant·e propose sa façon de projeter la zone dans un avenir désirable.

Mi-Plaine, commune libre
Clémence Cartron, Maxence Emery-Laurin, Louis Alexandre, Zélie Martor, Tom Campmas, Segara I Wayan Wisnu, Cecile Madern, Nolan Muratory, Anastasiya Pauliuchuk

Les étudiant·es nous projettent dans un récit dessiné, où une habitante de Mi-plaine tombe par hasard en 2050 sur le travail du workshop Zone des possibles de 2025 et se met à comparer les projections de l’époque à sa réalité. Elle redécouvre alors ce qu’était la zone 25 ans auparavant et se rend compte que les projets d’alors ne parvenaient pas à envisager l’ampleur des changements qui ont eu lieu durant cette période.

Éco-plaine
Mael Bernard, Marie-Fleur Fevrier, Elisa Mirault, Vedad Muharem, Claire-Emmanuelle Nativel, Samuel Masson, Mamadou Mbaye, Thu Ha Pham, Yantong Ren

Métaphore de notre monde d’ultraconsommation, Mi-plaine produit plus que ce qu’elle ne peut traiter. Résultat : les déchets s’accumulent, s’entassent, polluent, et finissent par créer des accidents, sanitaires, mais également physiques lorsque des amas de poubelles s’effondrent. C’est dans ce monde postapocalyptique que les étudiant·es imaginent que se trouveront les ressources collectives et intellectuelles pour une société post-déchets. Celle du réemploi à grande échelle, de l’économie circulaire généralisée, et de modes de vie réinventés autour des lieux de production et de consommation, afin de réduire au maximum les flux de matières.

BronZAD
Melly Lauze, Juliette Manley, Thibaud Roche, Thibaut Nicol, Hermine Prigent, Léo Ménier, Noémie Perriet, Fernand Boyer, Isaure Tranchant-Caillot

Lassé·es du monde contemporain, des militant·es anticapitalistes envahissent ce haut-lieu de la production et consommation marchande qu’est la zone industrielle Mi-plaine. Les manifestant·es sur place décident de s’installer et d’occuper la zone, formant une zone à défendre : la BronZAD. Les étudiant·es nous plongent 30 ans après ces évènements, dans la vie quotidienne de ce lieu qui rassemble à présent celles et ceux qui cherchent une vie alternative au monde capitaliste, qu’iels appellent des autonomes. C’est au travers du magazine mensuel de la BronZAD, ses recettes de cuisine, ses petites annonces, ses reportages et autres témoignages, que l’on découvre au fil des pages la manière dont leur société s’est organisée en inventant de nouveaux modes de vie.

Le grand incendie.
Zone économique des possibles

Alice Boutard, Alexis Villand, Camille Riou, Enzo Vagnon, Anna Vallet, Enzo Rogier, Mehdi Rousseau, Loudmilla Cellier-Galand, Sarah Vithaya, Faten Zaghbi

Pour ces étudiant·es, la zone des possibles fut dans un premier temps une zone de désolation. Désolation advenue à la suite d’un incendie géant survenu dans un Est-lyonnais toujours plus urbanisé, bétonné et surchauffé. Désolation suite à l’abandon des populations et des pouvoirs publics de Mi-plaine. Pourtant, cet épisode catastrophique peut aussi être lu comme un moment de bascule. Le feu a mis à nu la structure profonde de la zone, ses faiblesses, mais aussi son potentiel. Cette destruction brutale ouvre paradoxalement un espace d’invention. Elle offre l’occasion « rare » de réimaginer l’identité d’un territoire jusque-là construit par sédimentation de concessions, de parkings et de bâtiments modulaires. Ce moment, aussi dramatique soit-il, devient le seuil d’un renouveau : la possibilité de bâtir un lieu plus juste, plus lisible, plus accueillant, capable d’accueillir des formes de vie plutôt que de les contraindre. C’est à travers une émission de radio et la matérialisation sous forme de maquette temporelle que les étudiant·es nous ont invité·es à découvrir ce nouveau monde.


Ce workshop a bénéficié du Plan d’Accompagnement Transition et Résilience (PATR) de la Métropole de Lyon 2026.

Bibliographie :

Augé, M. (2020). Retour sur les “non lieux”. Communications, 87, 171-178

Chateau, Z. (2019). Repenser l’activité par la zone d’activité. Sur-mesure [En ligne]

Lejoux, P. et Charieau, C. (2019). La zone d’activités économiques : objet urbain non identifié ? Territoire en mouvement, 43. 

Morin, E. (1994). Sur l’interdisciplinarité. Bulletin interactif du Centre international de recherches et études transdisciplinaires, 2.